S’entendre ou collaborer en toute quiétude avec un collègue de travail, ce n’est pas si simple. De nombreuses personnes la jouent « perso ». Autrement dit, le chacun pour soi est de rigueur. Le monde de l’entreprise cultive parfois la gagne à tout prix. Certains comparent cet état d’esprit à celui d’une compétition. Il y a donc un vainqueur et des vaincus. Mais qu’en est-il alors de l’esprit d’équipe ? La relation entre collègues de travail ne semble pas si évidente à première vue.

Nous allons vous donner des clés pour optimiser votre bien-être au travail.

Comment se comporter au travail en général ?

Le maître-mot est : discrétion. Je déconseille de s’épancher sur sa vie privée au bureau. De même qu’il est préférable de ne pas jouer les bavards au sujet de son entreprise au-dehors. Cela dit, dans un sens comme dans l’autre, il n’est pas interdit de parler a minima. Il faut savoir entretenir des relations tout à fait cordiales. Finalement, le comportement au travail de nombreuses personnes en dit long sur leur personnalité. Il faut éviter d’être décryptable comme un livre ouvert. Les bonnes relations au travail, cela se cultive. Un collègue de travail n’est pas ni votre « amie, ami » ni votre thérapeute. Il demeure une personne avec laquelle, il faut travailler.

Il n’est donc pas primordial d’entretenir des relations plus profondes avec les collègues de bureau.

Entretenir une bonne relation avec un collègue de travail

Une ambiance de travail propice aux confidences peut laisser croire que les frontières entre vie privée et vie professionnelle n’existent plus. En réalité, il s’agit d’un leurre ou d’une erreur d’appréciation. Une bonne ambiance permet principalement d’encourager le travail d’équipe tout en s’épargnant les agissements discutables. Le lieu de travail demeure un espace de contraintes et d’opportunités.

Cela n’empêche pas d’entretenir au sein d’un même bureau, une relation apaisée avec son collègue de travail.

À ce titre, précisons que l’employeur se doit d’offrir des conditions de travail dignes à tous les salariés de l’entreprise. Tant le DRH que les représentants du personnel (CSE) doivent ainsi travailler sur l’amélioration des relations de travail difficiles. Cette obligation de sécurité de résultat pesant sur les employeurs s’inscrit comme une chance pour les collaborateurs. Toute mauvaise attitude au travail peut rapidement tuer dans l’œuf tous les efforts conduisant à la concorde et l’unité. De votre côté, préférez assurément une entente cordiale avec tout collègue de travail. Montrez-vous sous votre meilleur jour.

Se défaire d’un collègue de travail trop importun

Il arrive parfois qu’un collègue de travail adopte un comportement zélé, douteux ou agressif. Il faut s’en protéger au maximum. Le monde du travail n’est pas sans risques. Il arrive que des hommes et des femmes soient victimes d’actes d’intimidation, d’insultes ou de quolibets en tout genre. Il importe de dénoncer ces pratiques inacceptables et surtout condamnables.

Mon collègue de travail est un harceleur, que faire ?

Le harcèlement moral constitue des infractions pouvant conduire à la rupture du contrat de travail. Le harcèlement sexuel peut engendrer un licenciement pour faute grave, voire lourde. La victime de harcèlement peut aussi obtenir en justice des dommages et intérêts. Le droit du travail réprime très sévèrement ces agissements. Aucun collègue de travail ne devrait subir ni des agressions verbales ni se sentir menacé dans sa chair. L’employeur doit en être aussitôt averti.

Vous disposez de différentes options dans pareil cas à savoir :

  • user de votre droit de retrait et alerter un supérieur hiérarchique ;
  • demander à un élu du CSE de vous représenter le cas échéant ;
  • saisir l’inspecteur du travail pour qu’il conduise une enquête ;
  • porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie.

Dans tous les cas, l’employeur devra prendre toutes les mesures nécessaires pour vous éloigner du danger. Tout harceleur encourt des sanctions disciplinaires. Le Code du travail oblige à engager des actions concrètes en matière de sécurité au travail. L’agressivité, les injures ou tout comportement déplacé n’ont pas leur place au sein d’une organisation du travail. Si un collègue de travail subit selon vous des actes répétés altérant sa santé physique et mentale, il faut l’aider.

En qualité de témoin, vous pouvez aider à la résolution d’un litige afin de sanctionner les personnes agressives.

Une bonne gestion des ressources humaines, la clé

La santé et sécurité au travail, c’est également l’affaire des RH. Dans une certaine mesure, c’est aussi la préoccupation des partenaires sociaux. Les délégués syndicaux, acteurs de la négociation collective, peuvent négocier un accord « qualité de vie au travail ». Un tel accord peut notamment contenir des dispositions en lien avec la santé et sécurité au travail. Il peut être question tout autant d’articulation entre la vie personnelle et ses obligations professionnelles. L’objectif que poursuivent en général ces accords profite à la baisse du turnover et de l’absentéisme.

Faut-il que la politique RH de l’entreprise soit à la hauteur des enjeux !

Les salariés, lanceurs d’alerte, une bonne idée ?

Le mouvement soutenu par Eva Darlan ; #aidetacollègue, interroge la toile et les réseaux sociaux. L’idée s’inscrit dans une volonté tout à fait honorable. Il s’agit de sensibiliser les salariés à l’esprit d’équipe en misant sur l’amélioration des liens sociaux. Le but est de rapprocher les gens afin qu’ils apprennent à se découvrir. En effet, de nombreux salariés se côtoient sans pour autant se connaître. Dans ce monde pressé, les salariés passent à côté de tout le monde. L’indifférence, l’insensibilité et l’esprit de compétition finissent par tuer tout lien social.

Comment aborder une collègue de travail victime de violences conjugales ?

L’ambition à peine voilée, va plus loin. Il s’agit d’alerter l’entreprise ou les autorités si vous côtoyez une collègue de travail, victime de violences conjugales. Comme le souligne l’initiateur du projet, Jacques Lambert, fondateur de Webscran, il faut ouvrir les yeux. Combien sommes-nous à ignorer les sévices dont sont parfois victimes des salariés ? Faut-il donc que nous prenions le temps de construire de véritables relations de travail pour que les personnes angoissées, inquiètes deviennent une préoccupation partagée.

La désertion des CSE est-elle en partie responsable du désastre ?

Les comités d’entreprise et désormais les comités sociaux et économiques peuvent agir. Seulement, depuis des années, les activités sociales et culturelles (ASC) se confondent avec de simples transactions. Autrement dit, le temps où les salariés se réunissaient pour partager un moment de convivialité, dans un esprit apaisé et ouvert, semble bien loin. Les élus misent sur des prestations sommaires et intéressées. L’offre se nourrit presque exclusivement de bons d’achat, de cartes cadeaux, de remises en tout genre, de remboursements sur présentation d’une facture… Pourtant, rien ne vaut, une activité sociale pour resserrer des liens. Cela favorise le rapprochement entre les salariés.

Les activités sociales offrent tant d’opportunités. Elles permettent à chaque collègue de travail de se découvrir pour aller au-delà de simples collaborations de travail.

Apprendre à créer du lien social semble donc primordial

Les salariés expriment souvent l’envie de travailler dans un bon esprit. Cela passe nécessairement par apprendre à nouer des liens avec son collègue de travail. Pour cela, l’entreprise doit encourager les relations. Les élus du CSE peuvent tout autant fédérer les salariés grâce aux ASC. Le ressenti au travail n’en sera que meilleur. Les salariés ne peuvent imaginer leur avenir professionnel au sein d’une entreprise où l’individualisme prime.

L’entraide entre collègues de travail, la collégialité sont des atouts pour l’ensemble de l’entreprise.