Il est difficile de quantifier avec précision parmi les élus de CE, ceux qui ne se forment pas, pourtant il n’en demeure pas moins vrai, qu’ils sont très nombreux à ne pas se former. La raison à ce refus ou à ce rejet de la formation CE ? Si je savais… En réalité, ceux qui répondent à cette question ont le sentiment que cela n’est pas essentiel. Pourquoi se former ? Nous sommes novices, il s’agit de notre premier mandat, mais il y a à nos côtés des anciens. De facto, nous n’avons pas besoin d’une formation, en cas de besoin, ils pourront nous aider.

Ces élus sont aveugles et les anciens élus, repartis pour un tour, vont jouer le rôle de chien guide.

C’est consternant d’être un spectateur parfois impuissant face à tout ce gâchis. De nombreux élus de CE sous-estiment l’utilité d’une formation. Le savoir n’est pourtant pas accessoire surtout lorsqu’il est question d’une matière complexe comme le droit. Et ces anciens ? Combien sont-ils à avoir suivi un rafraîchissement de la formation du comité d’entreprise ? Formés certes, mais il y a combien de temps ? Là aussi, nous pourrions nous interroger abondamment.

Les élus de CE doivent acquérir du savoir

Rien ne peut réellement remplacer une formation. Le savoir s’acquiert mieux lorsqu’il est transmis par des professionnels dont le seul but est d’élever les apprenants au rang de sachant. Nul ne se plaint de ce qu’il ignore ! Comment s’interroger sur un sujet qui nous fait défaut ? C’est à cette question qu’une formation répond en partie. Lire un livre, surfer sur le web, entendre les récits des collègues, écouter une émission, sont autant d’outils très utiles, mais dont les limites pédagogiques sont aussi éprouvées. Prendre le temps de se former, c’est aussi faire preuve de respect et d’intérêt pour la mission que les élus de CE doivent honorer. Représenter les intérêts de salariés ne s’improvise pas (article L2323-1 du code du travail).

Lors des réunions du CE, les sujets tant multiples que compliqués, obligent les élus de CE à être prêts pour sérieusement les aborder.

Le savoir protège les représentants du personnel de toutes les vicissitudes auxquelles les salariés sont régulièrement exposés au sein de l’entreprise. Le savoir aide à comprendre, à mesurer les choses, à se déterminer, à penser, à se projeter, à se défendre… C’est en étant éclairé, au fait de leurs droits, que les élus du CE pourront savamment et avec opiniâtreté, porter la voix des salariés dont ils se font l’écho. À défaut, les efforts seront vains de succès. Acquérir du savoir tout au long de son mandat n’est donc pas une option.

Les élus ne peuvent plus naviguer à vau-l’eau au risque de se noyer dans les méandres du droit et de passer à côté de leurs importantes prérogatives.

Apprendre les bases, un préalable pour les élus de CE

Un comité d’entreprise, c’est une institution qui nécessite d’en connaître les codes, les rouages et le fonctionnement avant de pouvoir en tirer profit. La première chose à faire, c’est de resserrer les rangs. En effet, bien qu’issus de plusieurs courants et de différents collèges, les élus œuvrant au sein d’un comité d’entreprise doivent apprendre à travailler ensemble, en équipe. Pour ce faire, l’intérêt général doit absolument prévaloir sur les motivations personnelles. Il n’est pas possible de parler d’une seule voix si d’aventure, plusieurs voix se font entendre auprès de l’employeur. Il y a le temps des discordes et le temps pour s’accorder.

Les salariés doivent pouvoir compter sur un comité d’entreprise dont la voix est intelligible, soutenue par l’ensemble des élus.

Une réunion préparatoire apprend-on par exemple lors d’une formation CE permet, bien que le dispositif soit facultatif, d’unir les forces de chacun et de faire rapidement fi des divisions. Au départ, chacun pourra aller de ses craintes, de ses attentes, de ses propositions, mais à l’arrivée, la seule voix qui compte, c’est celle qui sera adoubée par la majorité des membres élus. Il en sera ainsi pour toutes les fois où le comité d’entreprise devra s’exprimer. C’est l’union qui fait la force et pas le contraire. Pour autant, travailler en équipe n’est pas inné pour la plupart des élus de CE, il faut en conséquence, prendre le temps d’aiguiser cette compétence par la voie de l’apprentissage.

Le règlement intérieur du CE, apprend-on également, incarne le socle des relations de travail tant entre les élus qu’entre eux et le reste de l’entreprise (article L2325-2 du code du travail).

Que doit contenir ce règlement ? Qui doit le rédiger ? À quoi peut-il bien servir ? Peut-on utiliser un modèle ? Ce sont également à ces questions qu’une formation peut répondre. Sans procéder à un plaidoyer au sujet du règlement intérieur, je peux déjà vous donner une consigne. Ne vous limitez pas pour sa rédaction à un vulgaire modèle trouvé sur internet. Bien qu’utile, les élus ont tendance à s’enfermer dans leur rédaction en se résumant à une pâle copie du modèle en question.

Il est important de rédiger le règlement intérieur du CE en raisonnant en trois temps.

Premièrement, il faut déjà écrire ce qui est réalisé au quotidien, mais qui n’est consigné nulle part. Dans un second temps, il faut écrire ce que seront les nouvelles ambitions du CE, les nouvelles tâches attendues par les élus. La troisième étape consiste à vérifier les dispositions qui nécessitent un accord de l’employeur. Rien de plus exigeant que la loi ne peut en effet, lui être imposé ! Par ailleurs, savez-vous expliquer aux salariés, le rôle du CE ? Vous-même, savez-vous comment mener correctement vos missions ? Qu’est-ce qu’une information économique ? Quelles sont les étapes d’une consultation ? Que doit contenir une BDES ? Qu’est-ce qu’un délit d’entrave et comment y faire face ? Quel est le rôle du trésorier ? L’employeur peut-il signer le PV du CE ? Quelle est la superficie minimale du local CE ? Qu’est-ce que le compte 641 ? Et la liste des questions serait encore longue, tant il y a d’informations à détenir pour honnêtement appréhender les prérogatives d’un CE.

Avis de l'auteur

Une formation, c’est aussi un moment de répit où les élus prennent le temps d’apprendre, de vérifier leur savoir et de confronter leurs réalités pour en tirer les conséquences.

Pourquoi les élus de CE rechignent à se former ?

De nombreux salariés croient dur comme fer, qu’un comité d’entreprise se résume à distribuer des cadeaux aux salariés. Et lorsqu’ils sont élus, ils n’en démordent pas. Dans ces conditions, se former ne s’avère pas être d’une grande utilité. D’autres estiment qu’ils ont le temps dixit « il n’y a pas d’urgence à savoir ce qu’il en est de notre rôle d’autant que l’employeur nous a dit qu’il nous aiderait ». Il y a les adeptes du « on se débrouille, quand on a besoin, internet vient à notre rescousse ». Il y a les surpris dixit « on a le droit d’avoir une formation ? », mais qui ne trouve jamais le temps pour se former. Il y a les obstinés dépressifs dixit « à quoi bon se former, l’employeur fera bien ce qu’il veut, nous n’avons aucun pouvoir… ».

Il est impossible de lister toutes les raisons qui conduisent les élus des comités d’entreprise à fuir les formations. Celles qui sont souvent invoquées font froid dans le dos.

Ce sont assurément, ces élus qui sont censés défendre les intérêts des salariés. Ceux-là mêmes qui ne savent pas grand-chose des obligations de l’employeur en matière de conditions d’emploi et de travail, de formation professionnelle, de GPEC. Combien sont perdus lorsqu’il est question de se forger une opinion quant aux orientations stratégiques de l’entreprise ? Cette consultation annuelle obligatoire constitue pourtant le point de départ de toutes les grandes décisions de l’employeur dont découleront tous les impacts en particulier sur l’emploi. Ne serait-ce pas important d’en savoir plus à ce sujet ? De nombreux élus ignorent pareillement tout de la façon d’aborder la consultation sur la politique sociale. Là encore, il y a de nombreux exemples de cette nature que je pourrais souligner, mais cet article deviendrait illisible.

Il n’est pas raisonnable de refuser de se former.

Et je ne parle pas évidemment uniquement des bases qu’il est indispensable d’acquérir au plus tôt après les élections. Je parle surtout de toutes les formations complémentaires dont le but est de renforcer au fur et à mesure, les compétences des élus. Il est incontournable de se professionnaliser afin d’être en capacité de discuter avec l’employeur. Ce dernier est très souvent formé, accompagné, conseillé, entouré d’experts en tout genre. Les élus de CE ne pourront jamais rivaliser s’ils ne disposent pas des mêmes facultés, des mêmes moyens.

Côté Pratique

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