Je veux vous dire ici, le plaisir que j’ai éprouvé en participant à une formation des élus du CSE. En effet, je n’y connaissais rien. Aujourd’hui, je comprends mieux les raisons pour lesquelles, une telle formation est nécessaire. Elle l’est, car tant de défis attendent les membres du CSE, qu’il semble improbable d’y parvenir sans formation. Au cours du stage, de nombreux élus, nouveaux pour la plupart, se rendirent compte de l’étendue de leurs prérogatives.

En parlant avec d’autres salariés, ce qui me frappe aujourd’hui, c’est le manque d’intérêt qu’il porte à leurs élus.

Une formation des élus du CSE est indispensable

Se former offre plein d’avantages, tout le monde en convient. Ce qui est regrettable, c’est que peu de représentants du personnel y sont sensibles. Suivre une formation permet pourtant de faciliter l’exercice du mandat. Faut-il que celle-ci se déroule idéalement au cours de la 1ère année de mandat. Pour bénéficier d’une formation, les élus peuvent en faire la demande à l’employeur. C’est en particulier le cas de la formation économique et de la formation SSCT. Ce sont des formations dispensées par des organismes de formation agréés. Leur offre de formation répond à des standards imposés par la DIRECCTE.

Selon les besoins, les élus disposeront d’une formation adaptée

En fonction des entreprises, les formations proposées s’étalent sur 3 ou 5 jours. Le financement de la formation répond également d’obligations plurielles. Par exemple, les frais pédagogiques de la formation du CSE sont assumés par son budget de fonctionnement. De son côté, c’est l’employeur qui finance la formation santé, sécurité et conditions de travail. Il assume tous les frais de formation sans exception. Pour se former, les élus peuvent se reporter sur un format intraentreprise ou interentreprises. Selon leur niveau de qualification, les membres élus se forment aux bases élémentaires ou requièrent un stage de renouvellement. Tout organisme agréé propose ainsi des formations adaptées à l’expérience des représentants élus. Toute formation des élus du CSE poursuit un objectif précis.

Conseil d'Expert

Il est donc indispensable de sélectionner le programme qui convient à chaque activité professionnelle.

Exemple de formations classées par besoin particulier

Pour les élus qui ne sont jamais formés (1er mandat notamment) :

  • Formation économique, sociale et syndicale (de 3 à 5 jours max) ;
  • Les bases élémentaires du CSE (formation de 2 jours en général) ;
  • Formation SSCT (3 jours ou 5 jours selon la taille de l’entreprise) ;
  • Les bases du règlement intérieur du CSE ;
  • Le rôle du secrétaire du CSE ;
  • Les missions et responsabilités du trésorier du CSE ;
  • La gestion des activités sociales et culturelles ;
  • Dynamiser la communication du comité social et économique.

Dans la continuité des stages élémentaires, les élus peuvent se renforcer :

  • La base de données économiques et sociales (BDES) ;
  • Consultation sur les orientations stratégiques ;
  • Aborder la santé économique et financière de l’entreprise ;
  • Rendre un avis sur la politique sociale de l’entreprise ;
  • Que faire en cas de plan de sauvegarde de l’emploi ? ;
  • Les leviers de motivation d’une politique salariale ;
  • Combattre les risques psychosociaux au quotidien ;
  • Comment aborder la qualité de vie au travail ?
  • Formation « Gestes & postures » et les TMS.

L’exercice des mandats (économique, social, sécurité, légal) implique de disposer des enseignements nécessaires. Bien que le CSE soit le résultat d’une fusion des anciennes instances du personnel, leurs prérogatives demeurent distinctes. Ainsi, au cours des réunions, les élus devront aborder les sujets de façon dissemblable. Pour l’employeur, travailler avec les élus, l’oblige à les informer et à les consulter très régulièrement. C’est vrai en ce qui porte tant sur la vie économique de l’entreprise que sur les choix sociaux décidés en haut lieu. Faut-il que les élus soient en mesure d’absorber ce niveau d’informations. Il est à la fois technique et juridique. L’exercice du droit, la connaissance de la finance ne sont pas innés. Il faut en conséquence cultiver son référentiel de savoirs.

À défaut de le faire, les élus seront largués, impuissants et inefficaces. Ce n’est pas ce qu’espèrent les salariés.

Ce que j’ai appris m’a carrément ouvert les yeux !

Avant la formation, j’étais dubitatif quant à la place et l’utilité du CSE. Je me disais, quels sont leurs pouvoirs en réalité ? Au fur et à mesure de la formation, je réalise en fait mon erreur d’appréciation. La place du CSE est stratégique et essentielle. Les élus surveillent la marche générale de l’entreprise, participent à de nombreux débats et portent la parole des salariés. À cette fin, ils organisent des enquêtes, mènent des inspections, sollicitent les salariés via des sondages…

Pour les plus pertinents, ils préparent les réunions dans le but de :

  • lister leurs questions ;
  • d’écrire leurs arguments ;
  • de déterminer leurs réserves ;
  • et de plancher sur des solutions alternatives aux projets de l’employeur.

Le CSE concourt ainsi à l’amélioration continue des conditions de travail. Il dispose pour cela de droits étendus. Par exemple, les élus reçoivent des informations précises sur le fonctionnement de l’entreprise. Ils détiennent de ce fait des données chiffrées et qualifiées sur les succès économiques comme sur les faillites. La formation des élus du CSE permet d’aborder tous les sujets pour lesquels l’employeur doit informer et consulter le CSE. C’est fou la palette de possibilités qui s’offre aux élus. L’instance est par ailleurs autonome tant juridiquement que financièrement. Tout CSE peut de facto organiser à sa guise des activités sociales au profit des salariés. Une manière habile de resserrer les liens entre les salariés pour davantage de cohésion sociale. Durant le stage, je me suis rendis compte de l’importance de ne pas résumer les activités sociales à des transactions financières.

Les CSE peuvent multiplier les propositions et innover en la matière. Le but est de ne pas s’enfermer dans une distribution effrénée de bons d’achat en tout genre.

Cette formation des élus du CSE a vraiment modifié ma vision

Depuis cette formation, je n’ai qu’une idée en tête. Faire en sorte que tout le monde sache la chance de disposer d’un comité social et économique. Personne ne devrait plus jamais en douter. Les élus sont de vrais porte-parole pour peu qu’ils jouent le jeu. Pourtant, lors cette formation des élus du CSE, j’ai aussi appris la difficulté d’honorer cette mission. Élus sur un programme lors des élections professionnelles, certains oublient l’ensemble des codes de la cohésion d’équipe. C’est alors que les membres se déchirent pour déterminer la politique du CSE. Plutôt que d’unir leurs forces afin de faire avancer le CSE, les élus se diluent dans des guerres d’appareils sans intérêt. Le formateur nous a ouvert les yeux sur l’urgence de rester souder. Je ne peux qu’être d’accord avec lui.

Désormais, je crois profondément à la nécessité pour les élus d’agir en professionnel. Il en va de leur crédibilité et de leur réussite.

En conclusion, une formation prépare à la mission de CSE

Si je n’avais qu’un seul conseil à vous formuler, je vous le dirais ainsi « formez-vous ! ». C’est un moment privilégié au cours duquel, vous allez prendre du recul sur vous et le fonctionnement de votre CSE. Au sein de notre entreprise, nos formations sont dispensées par des formateurs engagés, rompus aux missions des instances représentatives du personnel. Ils sont par ailleurs certifiés. Selon la nature des formations retenues, elles seront financées soit par le biais du budget de fonctionnement soit par l’employeur.

Témoignage

Prendre le temps de se former, c’est prendre la bonne décision. C’est aussi offrir aux élus l’éveil utile à la réalisation de leurs futures missions.