Les femmes battues sont-elles condamnées à l’indifférence ? 106ème victime en septembre 2019, l’histoire encore tragique d’un meurtre d’une rare cruauté. Et pourtant, tout le monde en parle. Mais combien agissent vraiment, tant du côté de la force publique que des politiques ? Cette femme comme tant d’autres pouvait être sauvée. Et pourtant, elle décédera et deviendra à son insu le sujet du moment au cœur d’une déferlante médiatique.

Tout le monde s’empare de ce nouveau cas de féminicide, comme un rappel saisissant de la cause des femmes.

Les femmes battues tuées sous les coups de leurs maris

Un conjoint violent, il faut le dénoncer et refuser toute forme d’agression. La liste des violences faites aux femmes est insupportable. De nombreuses femmes en témoignent. Mariage forcé, mutilations sexuelles, viol conjugal, harcèlement moral, tabassage en règle, quand cela prendra-t-il fin ? Les femmes battues font partie d’un paysage médiatique bien cruel. La hausse d’année en année de ces violences conjugales et familiales traduit l’impuissance de la justice. Est-il seulement possible de faire cesser l’hécatombe ?

Question

Comment aider les femmes concrètement qui subissent ces violences physiques et psychologiques ?

La prévention des violences semble être une mesure inéluctable

Avant de protéger la victime, peut-être serait-il plus judicieux de procéder à l’élimination des violences. Cela parait presque chevaleresque, dit comme ça, mais en fait, c’est la seule solution. Il faut défendre les droits des femmes en tout temps. Pas uniquement, lorsqu’elles sont tuées. Il faut donc agir contre les violences avant même qu’une femme en fasse les frais. Le gouvernement donne l’impression de s’intéresser à ce phénomène de société en le décrétant comme une grande cause. Alors, qu’il en soit ainsi.

Les enfants doivent être sensibilisés à ces violences

Les moqueries scabreuses, les propos sexistes, les attouchements, le voyeurisme, voilà un florilège de violences subies par les femmes. Et cela, souvent dès leur plus jeune âge. Pas étonnant que certains mâles excusés pour leur jeune âge la plupart du temps n’apprennent rien de leurs méfaits ! Il ne s’agit pas d’un jeu perpétré par des gamins innocents ! Le fait de minimiser des faits aussi graves en dit long sur l’absence de considération de la femme en général. Pour aider les femmes, il faut mener une vraie campagne de sensibilisation auprès des enfants. Cela implique de parler de la violence au quotidien. Il est nécessaire de tuer dans l’œuf tout sentiment d’impunité. Les agresseurs aussi jeunes puissent-ils être, doivent apprendre de leurs erreurs.

Les enfants doivent prendre conscience que les femmes battues ou agressées sont des victimes.

Dans le monde du travail, il faut vélocement sanctionner le sexisme

Des jeunes hommes, des salariés, peuvent par leurs comportements outrager les femmes. Mais qu’en est-il du mari qui frappe sa femme le soir et se rend au travail le lendemain ? Peut-être sans le savoir, vous avez régulièrement saluer un collègue responsable de violences sur sa compagne ? Les femmes subissent déjà de nombreuses inégalités de traitement dans le monde du travail. Peut-on accepter que cela se perpétue y compris au sein de leur foyer ? Personne ne devrait craindre pour sa santé, sa vie en rentrant à son domicile, au contraire. Les employeurs, les représentants du personnel peuvent agir. Pour protéger les victimes de violences morales ou de violences sexuelles, il faut bannir tout écart du comportement. Les femmes battues peuvent aussi subir des agressions sur leur lieu de travail.

Les employeurs disposent de moyens pour avertir l’ensemble du personnel tant de la menace que du risque de sanctions.

Comment aider les femmes battues pour éviter une mort certaine ?

Ce n’est pas simple de venir en aide aux femmes battues ou violentées par leurs maris. Il faut d’abord passer outre la barrière du silence. C’est difficile d’accompagner les victimes qui dénient la réalité. La peur qui les tenaille empêche parfois les services compétents de les aider. Il existe des associations de femmes comme SOS Femmes pour orienter les victimes. Les femmes battues disposent aussi d’un numéro dédié (39 19) pour déclarer toute violence conjugale.

Pour venir en aide aux victimes, il faut respecter leurs vœux

Une femme qui est sous l’emprise de son conjoint ou mari n’est pas toujours capable de bien réagir. C’est à la fois déconcertant et à la fois compréhensible. Dans ces cas précis, sans doute que la meilleure des aides consiste à mettre en relation cette personne avec un professionnel de santé. Il peut s’agir d’un médecin traitant, d’un psychologue, d’un interne des urgences… Les femmes battues ne doivent pas accepter la violence.

Mais alors que leur intégrité est menacée, avant d’opérer tout signalement, il faut préparer psychologiquement la victime.

Les femmes battues doivent faire le deuil de leur culpabilité

Plus facile à dire qu’à faire, mais néanmoins incontournable. Trop de femmes se sentent responsables des violences qui surviennent au sein du couple. Certaines n’ont que peu de vie sociale ce qui aggrave leur situation. Leur vulnérabilité est d’autant plus importante. Cette désociabilisation progressive rend ces femmes invisibles aux yeux des autres. Pourtant, alors qu’elles courent un grave danger, il conviendrait de les aider davantage.

Tout commence par un dépôt de plainte

Accompagner une victime de violences conjugales au commissariat ou à la gendarmerie constitue un grand pas. Qu’il s’agisse de coups répétés ou d’agressions sexuelles, il faut déposer plainte. C’est la seule façon d’engager une enquête sur la violence subie par la plaignante. Cela peut sembler inapproprié au regard de l’actualité récente. Alors que des femmes en détresse ont eu recours à la police, celle-ci a manifesté peu d’intérêt à leur égard. Ces cas isolés ne doivent toutefois pas avoir raison de l’urgence de recourir à la justice. Heureusement, il existe aussi des cas dont le dénouement est salutaire.

Quand le tragique rencontre l’insoupçonnable ou presque

Parfois, alors qu’une femme battue en appelle à l’aide, elle meurt tragiquement de 14 coups de couteau devant un supermarché. Elle a été assassinée sans ménagement par un conjoint qui a sans doute agit sous le coup de la préméditation. La justice le dira. En garde à vue depuis cette tragédie d’une violence insoutenable, il sera a priori reconnu coupable du meurtre de sa conjointe. Cette jeune maman de 27 ans est morte comme tant d’autres, victime deux fois.

D’abord pour sans doute, être une femme, puis ensuite du fait de l’immobilisme des forces de l’ordre.

L’escalade des violences traumatise notre société

Ces derniers mois sont particulièrement chargés en matière de violence pour les femmes battues. Notre pays traverse plus largement une grave crise. Elle est à la fois sociale et sociétale. La violence frappe tout le monde.

Personne ne semble être épargné par les scandales ou les affaires :

  • féminicides en cascade et violences conjugales ;
  • actes et agressions homophobes ;
  • propos et actes antisémites ;
  • règlements de compte entre dealers ;
  • pédophilie dans les écoles ;
  • suicides de policiers ;
  • agressions envers les pompiers en service ;
  • manifestations des gilets jaunes qui dégénèrent ;
  • outrages envers les forces de l’ordre…

Bref, à quand le retour de la paix. Bien que personne ne le présume, nous sommes bien en guerre bien qu’elle ne porte visiblement pas son nom. La pauvreté, le déficit de la formation, le recul de l’éducation des plus jeunes, les effets de la mondialisation, voilà un cocktail explosif. Le fléau vient de s’abattre sur la France, mais rien n’est fatalement éternel ou là pour toujours.

Le combat pour la paix doit se poursuivre tant pour les femmes battues que pour toutes les victimes de violences.