La lutte contre l’homophobie reste tristement d’actualité en 2018. Rien n’y fait, les hommes qui aiment les hommes, cela ne passe pas aux yeux de tous. Je ne parle même pas des femmes. Dans un monde machiste ou misogyne, elles tentent de conserver leur place. Il n’est pas si loin le film « Le Secret de Brokeback Mountain » et pourtant, l’homophobie enregistre encore de piètres scores de nos jours.

Voulez-vous en savoir plus sur l’homophobie ? Je vous laisse le découvrir en parcourant cet article.

La lutte contre l’homophobie reste un enjeu de société

Les injures à l’image de « pédale, tapette, fiotte, folle, folasse, lopette, tafiole, tantouze, tarlouze » survivent encore. Parfois ceux qui les utilisent, le font inconsciemment. C’est justement le problème. L’homophobie se banalise. Dans les cours d’école ou au travail, les injures homophobes sont à la mode.

Mais dans le fond, que veut dire homophobie ?

L’homophobie se définit par le rejet de l’homosexualité. Les homophobes n’acceptent pas l’existence des homosexuels (gays, lesbiennes, bisexuels…). Ils luttent depuis toujours pour faire admettre cette orientation sexuelle comme une pathologie psychiatrique. Ce fut le cas par le passé en France jusqu’en 1992 ! Notons au passage que la dépénalisation des relations sexuelles à caractère homosexuel est intervenue pour les jeunes de moins de 21 ans, en 1982. La dernière exécution en revanche pour sodomie date du 6 juillet 1750. Elle visa deux hommes homosexuels.

Les agressions homophobes ne cessent de se répéter. En 2018, une hausse inquiétante fait les choux gras de la presse. À Paris, on dénombre près de 600 agressions parmi ceux qui osent porter plainte.

Pourquoi l’homosexualité dérange-t-elle ?

De nombreuses personnes considèrent que certaines pratiques sexuelles sont contre-nature. Par conséquent, deux hommes qui se tiennent la main dans la rue, c’est inacceptable. Je sais ce que vous pensez à cet instant ; il ne s’agit que d’amour. Sans doute, mais dans l’esprit de certains, c’est une perversion sexuelle. En 2017, un film fit scandale sur les réseaux sociaux (Baisers cachés sur France 2). C’est l’histoire de deux lycéens obligés de se cacher pour s’aimer. Prenez le temps de réfléchir à ce que vous venez de lire. Nous ne parlons de rien d’autre que d’amour. Parfois, je vous l’accorde de « bons plans ». Rien de neuf au soleil en comparaison aux « plans cul » hétérosexuels.

La bêtise humaine nous conduit quelquefois jusqu’aux confins de l’ineptie.

Par exemple, lorsque des médecins allemands veulent soigner l’homosexualité, il est question d’homéopathie. De penser que l’homosexualité est une maladie, relève déjà de la stupidité. De croire ensuite que l’homéopathie peut en venir à bout, relève purement de la folie douce ! En même temps, ce sont les mêmes catholiques, par la voix de leur guide spirituel qui nous prescrivent des séances de psychiatrie. Le Pape François savait-il ce qu’il disait à ce moment précis ? Préconiser aux jeunes enfants découvrant leur homosexualité d’aller se faire soigner, ne serait-ce pas un peu pervers en définitive ? La lutte contre l’homophobie après de telles frasques demeure un rempart nécessaire à cette violence.

L’homosexualité n’est pas une maladie et encore moins psychiatrique. C’est une orientation sexuelle.

La lutte contre l’homophobie au travail, est-ce possible ?

Il est rare de parler ouvertement de son homosexualité au travail. Le monde de l’entreprise est souvent cruel. Il laisse que peu de place à la différence. Aux différences surtout. Il n’est pas exceptionnel d’entendre ici et là, à la machine à café, un propos homophobe. Dans l’indifférence la plus totale. Parfois, il est à peine masqué par des rires embarrassés. Pourtant, l’injure est punie par la loi. Sans doute, tout le monde l’oublie avec le temps. Cela explique peut-être, ce sentiment d’impunité qui s’installe chez les homophobes du dimanche.

Témoignage

Les clichés vont bon train dans le monde du travail à propos des homosexuels. Il ne fait pas de doute que cela risque de s’amplifier au fil des ans.

Les discriminations sont monnaie courante dans les entreprises. Elles frappent toutes les minorités. Les homosexuels ne font pas figure d’exceptions. La justice s’exprime régulièrement à propos de ses comportements insultants et moralement répréhensibles. Elle a eu l’occasion de dire de l’homophobie qu’elle constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement. À travers de nombreuses règles comme l’article L1132-1 du Code du travail, les discriminations en tout genre sont condamnées.

L’employeur doit participer à la lutte contre l’homophobie en entreprise.

La banalisation de l’homophobie s’invite parfois dans les prétoires. Rappelez-vous cette affaire par exemple. La justice concluait qu’insulter un salarié de PD n’est pas grave. Pour se justifier, on exhiba le fait que le salarié en question pratique la coiffure. Aussi, très gauchement, il fut déclaré qu’insulter un coiffeur de « PD » ne laissait pas supposer une insulte à caractère homophobe. Il faut comprendre que de nombreux coiffeurs sont des « folles ». Aussi, il ne s’agit que d’un regrettable quolibet proféré par une patronne un peu gauche. Ce sont ces clichés insupportables qui encouragent une forme d’amnésie collective.

Cela explique aisément ce déchaînement de violence à l’égard des homosexuels.

N’écartons pas la lutte contre l’homophobie en entreprise

Plus que jamais, la lutte contre l’homophobie demeure incontournable. Au fil du temps, de nombreuses personnes pensent que faire son coming out est naturel. C’est oublier le courage que cela exige. À ce moment-là, la vie bascule. Ceux et celles qui racontent soulignent la peur qui les tenaille. La peur du rejet se distingue de toutes les autres. Perdre l’estime de ses collègues en fait partie. Ceux qui franchissent le pas disent à quel point entretenir le mensonge les pèse. Se cacher, parler de sa vie sans jamais donner de détails, esquiver les questions qui fâchent… C’est le quotidien de nombreux homosexuels. Comme je l’ai dit précédemment, les préjugés ont la dent dure.

Parole d'Expert

La lutte contre l’homophobie ne sera plus utile lorsque tout le monde parlera de son homosexualité sans crainte. Cette époque arrivera-t-elle seulement un jour ?

L’homosexualité fait fantasmer les plus fantasques

« L’homosexualité est héréditaire ». « Les enfants élevés par des parents homosexuels le deviennent ». « Les homosexuels sont pédophiles ». « L’homosexualité est un péché ». N’avez-vous jamais entendu dire tout cela et bien pire à propos de l’homosexualité ? Ces âneries dangereuses sont le fruit parfois d’éminents fous savants. Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine. Il faut se méfier des certitudes engendrées par les croyances et non par des faits cliniques indéboulonnables ! Certains parents dérangés par la question s’interrogent. Ils veulent déterminer à quel moment ils ont fauté dans l’éducation de leur enfant homosexuel.

Être homosexuel n’est pas une tare ou le résultat d’une mauvaise éducation ! Tout au plus, ceux qui le sont ne veulent plus redouter le regard des autres.

Derrière les clichés, il y a des souffrances. La revue « Frustration » en fait largement état dans son numéro de février 2018 en titrant « être homosexuel en 2018, c’est toujours la merde ». La souffrance s’exprime alors de différentes manières. Il y a le ras-le-bol généralisé qui en désabuse plus d’un. Mais, sans doute que l’explosion des suicides chez les jeunes homosexuels nous oblige à réfléchir. Je ne parle même pas de la hausse des dépressions chez les gays. Pour en finir avec tout ce gâchis, la lutte contre l’homophobie reste pour l’heure, l’unique solution. On peut au moins se rassurer en se disant que la France ne tue plus ses concitoyens homosexuels. Ce n’est pas le cas de tous les pays !

Notons tout de même que la parole se libère peu à peu à l’image de celle du politique Mounir Mahjoubi ces dernières années. Les célébrités se dévoilent aussi, certains le font pour enfin réussir à vivre.