À l’heure où je prends la plume pour rédiger cet article, la Manif Pour Tous est vent debout contre le mariage pour tous et par conséquent contre « la loi » qui instaure les mêmes droits pour tous ! En effet, le mariage pour tous est de nouveau l’otage de réactionnaires, alors une fois n’est pas coutume, je sors de ma « zone de confort » pour aborder ouvertement et publiquement (liberté d’expression chérie oblige), l’aversion que m’inspire la #ManifPourTous. En effet, en cette période si difficile « pour tous », est-il nécessaire de déchainer de nouveau les passions alors que ce sujet est enfin clos depuis la parution de la loi en date du 17 mai 2013 (n° 2013-404).

Notons que les journaux et webzines titraient déjà en janvier 2016, l’observation qu’ils faisaient de la baisse du nombre de mariages homosexuels célébrés en 2015 en comparaison avec l’année 2014 (pour les dernières statistiques de l’Insee). Un recul de 24% environ soit une baisse de plus de 2500 mariages. Ainsi, le Huffington Post parle de « courbe qui s’inverse » et Atlantico, souligne un « flop social ».

Peut-être faut-il déjà y voir le résultat d’une campagne de dénigrement contre les gays qui porterait ses fruits à la saveur nauséabonde pour un pays qui se réclame, le protecteur des droits de l’homme !

Savez-vous combien de mariages ont été célébrés en 2015 ?

Toujours selon l’Insee, 239 000 mariages ont été scellés cette année-là. Le mariage traditionnel représente à lui seul, plus de 96% des unions (soit un peu moins de 3.5% pour le mariage de personnes de même sexe). C’est à se demander l’importance à la vue de ces seuls chiffres, d’organiser une manifestation contre le mariage pour tous dont le but affiché et d’en finir avec la loi permettant une « union pour tous » !

Le mariage pour tous traduit une égalité des droits

Souvenons-nous à l’origine, les hostilités qui avaient entouré la création du Pacte civil de solidarité (PACS) qui fût adopté en 1999 (loi n° 99-944). Les couples mariés et hétérosexuels y voyaient une forme de dépravation de l’union civile. Les homosexuels n’avaient pas selon eux, droit à ce chapitre. N’oublions pas que la dépénalisation de l'homosexualité en France est intervenue dans une période pas si éloignée (4 août 1982). De même qu’il aura fallu attendre 1991 pour que l'homosexualité ne soit plus considérée comme une maladie mentale.

Ironie de l’histoire, plus de 95% des PACS célébrés l’ont été depuis près de 10 ans pour unir des couples hétérosexuels.

À l’origine, le PACS ne leur était pourtant pas réellement destiné. Force est de constater, que les couples non mariés parmi lesquels, on ne dénombre pas uniquement des homosexuels, ont vu dans cette union civile, un moyen plus simple, plus souple et moins coûteux de sceller leur union afin de s’engager plus sincèrement encore dans leur vie commune. Ce que ne comprennent pas les défenseurs des inégalités (et qui s’en défendent), c’est que le PACS n’offre pas les mêmes aspects légaux que le mariage. Par exemple, un homme ou une femme pacsée ne peut pas prendre le nom de son concubin. De même, le nombre de régimes matrimoniaux est limité à deux contre quatre s’agissant du mariage. Les couples pacsés sont privés également de la réversion de retraite au décès de leur partenaire (alias conjoint). La reconnaissance de la « fidélité », un socle propre au mariage lorsqu’il s’agit de condamner notamment l’adultère, n’a pas davantage été étendue comme un principe fondamental de l’union civile.

Enfin et c’est peut-être cette question qui fera couler beaucoup d’encre, le mariage contrairement au PACS ouvre droit à l’adoption conjointe.

Fallait-il comme certains ne cessent de le scander, refondre le régime légal du PACS pour en faire un mariage déguisé ? Le législateur n’a-t-il pas eu raison de faire cesser cette hypocrisie en permettant à tous les citoyens français d’honorer leur union de la plus belle façon qu’il soit ?

Sur le site officiel de La Manif Pour Tous, il est noté qu’étymologiquement, le mot mariage signifierait dixit « la protection de la mère ». Il faut comprendre en cela, par la cause défendue par les adhérents de cette organisation, qu’un couple marié, c’est l’union nécessaire entre un homme et une femme ; cette dernière incarnant la mère (en lien avec les notions de fécondité, de progéniture). Ainsi, un couple marié et normalement constitué selon cette thèse devrait avoir des enfants ; or, combien de ces couples en France sont sans enfant, exception faite des personnes infertiles ? Autrement dit, devrions-nous les démarier étant donné l’absence de descendance prévisible ?

Soyons sérieux et rétablissons une vérité. Le mariage était avant tout un acte confessionnel très ancien et ancré par exemple pour les pratiquants catholiques, dans la bible. La vraie étymologie du mot mariage conférait en outre une place plus importante au « père – mas/maris ».

Le mariage c’est aussi un acte civil.

Ce dernier n’est pas conditionné au fait d’avoir des enfants. Se marier se réclame davantage d’une célébration officielle d’un couple uni par l’amour. C’est une belle promesse entre deux personnes, l’une envers l’autre. Cette célébration aujourd’hui est offerte à tous ! C’est aussi cette reconnaissance qu’ouvre le mariage pour tous. Devrions-nous au nom d’une idéologie archaïque retirer ce droit aux personnes qui ne fondent pas leur union sur la suprématie du genre hétérosexuel ?

Petit « bonus »

FAMILLE ET LIBERTÉ, une association active depuis quinze ans, s’interroge sur la place des garçons au cœur de notre société. Pour expliquer, l’embellie selon eux de l’homosexualité en France, il pointe une féminisation importante de notre mode de vie. Face à cette forme de déclin selon cette association, Claire de Gatellier (l’auteure) confesse que les hommes se sentiraient de trop, face à cette réalité, ce qui conduirait une partie d’entre eux à se « réfugier dans l’homosexualité ». À en croire par cette déclaration de l’auteure, l’homosexualité serait un « refuge » pour échapper au traitement réservé aux hommes de notre ère ! C’est pitoyable !

Le mariage pour tous n’est pas un acte réactionnaire

Les détracteurs du mariage pour tous sont apeurés à l’idée que deux hommes puissent s’élever dans les rangs de la parentalité (homoparentalité). Même si l’aversion est identique envers les femmes homosexuelles, elle est moins visible, sans doute, cela est moins contestable. Depuis 2012, ce n’est pas moins de huit millions d’enfants mineurs (dernier recensement Insee), qui vivent au sein d’une famille. Malgré l’absence de statistiques récentes sur le sujet, le nombre d’enfants vivant au sein de ménages de même sexe avoisinerait le chiffre de 40 000 soit 0.5%, autant dire une goutte d’eau comparativement aux autres ménages. Cela méritait d’être opposé comme une autre vérité, aux opposants du mariage pour tous.

Leur crainte d’un modèle de remplacement à celui qu’ils prétendent défendre par leurs actions et tout autant inepte que celui du grand remplacement en matière de civilisation.

Le mariage pour tous n’est pas une option

Je trouve l’initiative en décalage complet avec les attentes d’une majorité de citoyens français. L’heure pour eux, serait davantage propice au rassemblement, à l’identité heureuse et plus que jamais à la liberté et à l’égalité ! Personne ne peut prétendre de la loi qu’elle n’est pas fondée sur des principes d’équité, de justice et de concorde. Il y a eu le temps des débats. Faisons place désormais à d’autres sujets de préoccupation d’une gravité plus imminente. Le mariage pour tous n’est pas une option ! C’est un fait, une réalité dans l’évolution de nos mœurs, de nos modes de vie, de notre époque (63% des Français sont contre l’abrogation de cette loi).

L’article 7 de la Déclaration universelle des droits de l'homme confère le droit de se voir appliquer la « loi » sans distinction et sans discrimination. Il s’agit d’un fondement que nul ne peut remettre en cause. Le cas échéant, toute personne pourrait souhaiter revenir sur des lois comme l’abrogation de la peine de mort.

Question

À quand la Manif en vue de rétablir L’Esclavage Pour Tous, ou La Peine de Mort Pour Tous ? Au rythme où vont les choses, chacun ira de sa manifestation afin d’exprimer sa réprobation de la fraternité ! Comment vivre ensemble, dans l’harmonie, si les hommes et les femmes vivant en France n’ont de cesse de se déchirer à coups de slogans haineux, trompeurs et d’une rare bassesse !

Le mariage pour tous vs les droits de l’enfant !

Vous voulez des chiffres ? Commençons par dénoncer les 4 millions de personnes victimes d’inceste en France (près de 6% des français). Les pères et les mères hétérosexuels mais néanmoins incestueux se préoccupent-ils des droits de l’enfant ?

À quand la Manif Contre L’inceste !

Au nom des « droits de l’enfant », la Manif Pour Tous veut refuser le droit à l’adoption par des familles de même sexe. De quels droits parlons-nous au juste ? S’agit-il par exemple des 19 000 enfants maltraités ou des 78 000 autres en situation à risque ? Présenté comme idyllique, le format familial ne souffrirait-il pas d’une rare hypocrisie à la lumière de ces chiffres ?

Devons-nous également parler au nom des enfants abusés par des dignitaires religieux ?

Des milliers d’enfants violés par des curés, des prêtres, des évêques, des cardinaux dans le monde entier et notamment en France ? Quelle cause prétendent-ils défendre tandis qu’ils cèdent à la perversité ? La Manif Pour Tous qui se soucie tant des droits de l’enfant, elle qui met en avant la composition de la famille « parfaite », oublie de mettre ses arguments en perspective avec les quelques 600 abandons d’enfant relevés chaque année en France depuis des décennies.

Mais peut-être est-ce là aussi, les résultats de la dépravation homosexuelle ?

Avis de l’auteur

Pour conclure, pourrions-nous revenir aux vrais débats de notre société parmi lesquels, la hausse permanente du nombre de pauvres en France (près de 9 millions en 2015). Pouvons-nous concentrer nos efforts sur les 216 000 femmes qui meurent chaque année sous les coups de leur mari ? Quelle politique sera menée pour enrailler la hausse permanente quoique certains en disent de la délinquance (hausse de 0,7% entre 2014 et 2015). Qui se préoccupe réellement des mal-logés, des sans domicile fixe dont le nombre a doublé ces dix dernières années ?

Et la liste serait longue…

La question du mariage pour tous face aux défis de demain ne serait-elle pas derrière nous ?