Le sexisme, autrement surnommé racisme envers les femmes, est loin d’être exceptionnel. À l’école, dans nos expressions, au travail, dans la rue, en famille, ou en voyage, le sexisme est répandu, mais surtout largement banalisé.

Sexisme, misogynie, racisme envers les femmes, quelles différences ?

Le sexisme est une attitude discriminatoire, adoptée à l’encontre du sexe opposé.

Ce comportement s’observe principalement, chez les hommes qui s’octroient un rôle supérieur, au sein du couple et de la société. Les femmes sont alors reléguées au second plan, considérées comme des objets de plaisir. Le racisme envers les femmes est historique, comme enraciné dans les mentalités. Il provient d’un certain déterminisme social, qui même si on le croit quasiment disparu en occident, ne l’est pas. Il est vrai qu’en France, la place des femmes au sein de la société a grandement évolué. Pour autant, des comportements résiduels ne serait-ce que dans l’éducation, contribuent à créer une différenciation hommes/femmes.

Quel parent n’a pas déjà dit à son petit garçon « ne pleure pas, c’est pour les filles ! ».

Dès le plus jeune âge, bon nombre d’entre eux grandissent dans l’idée que les filles sont plus sensibles, ont moins de force : «  si tu n’arrives pas à tirer dans le ballon, c’est que tu es une fillette » ! La célèbre marque Always a créé à ce propos, une campagne de publicité, baptisée « #commeunefille ». Elle dénonce ce déterminisme social, qui joue un immense rôle dans le développement du racisme envers les femmes, notamment à l’âge adulte.

La misogynie se définit comme le mépris d’un homme, pour le sexe féminin. Une définition voisine à celle du sexisme. L’Histoire peut en partie expliquer ce phénomène. Au moyen-âge, la société chrétienne est très misogyne. Pour tous les hommes de religion, la femme n’est que l’incarnation d’Ève, tentatrice et corruptrice. Une société aujourd’hui révolue, où la femme a sa place non seulement dans la société (droit de vote et d’éligibilité des femmes en 1944), dans les guerres, mais aussi au sein du couple (suppression de l’incapacité juridique de la femme mariée depuis 1938).

Racisme envers les femmes, harcèlement quotidien

Une femme sur dix, de moins de vingt ans, déclare avoir été agressée sexuellement, au cours de sa vie (statistique du Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes). La journée de la femme le 8 mars est le rendez-vous de la mise en valeur des femmes du monde. À cette occasion de nombreux reportages sont proposés, sur les différents modes de vie, ou les points communs des femmes du monde entier. Malheureusement, les maltraitances faites aux femmes sont l’un de ces points communs. Qu’importe la partie du monde. Force est de constater que les violences sont souvent liées à des archétypes traditionnels et moyenâgeux, associant la femme à un simple objet de reproduction et de plaisir. C’est pourquoi est créée la journée de la lutte contre les violences faites aux femmes. La journée choisie est le 25 novembre, en hommage à l’assassinat des trois sœurs Mirabal (25 novembre 1960), militantes politiques dominicaines. Une date approuvée et proclamée journée internationale par l’ONU. À travers cette initiative, l’ONU incite les gouvernements à mener des actions d’informations et de sensibilisation, aux questions de violences au cours de cette journée. En outre, ONU-femmes mène une campagne mondiale « dites non – tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ».

Bien plus que des insultes occasionnelles, le racisme envers les femmes s’exprime au quotidien, à travers la considération qu’on veut bien leur accorder : « t’as pas un 06 ? », « tu rentres seule, veux-tu que je t’accompagne ? », « jolies gambettes ! », « quel regard ! », « ah, mais qu’est-ce que t’es moche ! »…

Autant d’exemples journaliers, vécus par la grande majorité des femmes. Comme si l’apparence des femmes était publique puisque les hommes s’octroient le droit de commenter ou d’humilier publiquement n’importe laquelle. Les quotidiens L’express ou Libération, rapportent même que 100% des femmes ont déjà été harcelées dans les transports. Certains diront que ces hypothèses sont insignifiantes, là est toute la difficulté. Ces actes et comportements sont ainsi tout bonnement banalisés !! Le harcèlement moral que peut constituer l’alpage quotidien est une violence perverse. Peut-être faut-il le vivre, pour comprendre l’impact des mots et de ces actes répétés. C’est un harcèlement qui est discriminatoire qui vise une population définie, autrement dit, constitutif de racisme envers les femmes.

Pour pointer du doigt cette forme de sexisme, une association mène depuis plusieurs mois, la campagne « Stop harcèlement de rue ».

Parlons du harcèlement. Dans le cas où l’harcèlement n’est ni sexuel (article 222-33 du code pénal), ni voué à dégrader les conditions de travail (article 222-33-2 du code pénal), on peut considérer qu’il entre dans le champ d’application, de la nouvelle disposition concernant le harcèlement moral (article 222-33-2-2 du code pénal). Plusieurs conditions doivent être remplies. Depuis la loi du 4 août 2014 n°2014-873, le fait de harceler un individu par des comportements répétés, ayant pour objet ou pour effet, une dégradation de ses conditions de vie est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 € d’amende. La détérioration se traduit par une altération de la santé physique ou mentale de la victime. Peu importe que les faits aient causés ou pas, une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours. Le législateur choisi l’emploi de « propos ou comportements », pour ne pas faire souffrir l’incrimination d’une critique d’inconstitutionnalité, comme cela a été le cas pour l’harcèlement sexuel, auparavant définit trop largement (Cons. Constit. 4 mai 2012, n°2012-240 QPC). Le législateur de 2014, a dans le même temps anticipé une éventuelle censure du Conseil constitutionnel, en choisissant également cette formule, pour le harcèlement moral au travail et au sein du couple.

Jurisprudence

Même si la jurisprudence jusqu’ici, jugeait qu’il n’y avait pas lieu de renvoyer devant le Conseil constitutionnel, une définition imprécise concernant le harcèlement moral au travail (Cass. Crim. 11 juillet 2012, n°11-88.114).

Toutefois, on ne peut que le regretter, la formulation de la loi laisse perplexe quant aux éléments constitutifs de l’incrimination. Le législateur semble admettre la constitution de l’infraction, qu’il existe ou pas, des dégradations de vie, de vie au travail ou au sein du couple. La Cour de cassation a eu l’occasion de se prononcer et a admis que la simple éventualité d’une telle dégradation suffit à consommer le délit de harcèlement moral (Cass. Crim. 14 janvier 2014, n°11-81.362). Cette jurisprudence doit pouvoir être transposée au délit général de harcèlement moral. La discrimination n’est pas prévue comme une circonstance aggravante du délit. Néanmoins, le harcèlement quotidien a de grandes chances d’entrer dans le champ d’application du délit général de harcèlement moral.

Racisme envers les femmes, un sexisme ordinaire

Récemment, une illustration a pu témoigner de ce sexisme ordinaire et vulgarisé. Des étudiantes doivent choisir la réponse correcte entre plusieurs, à un examen de médecine. Le cas d’espèce, relatait d’une patiente de trente-cinq ans, ayant fait l’objet d’une « fessée » par son supérieur hiérarchique et devant ses collègues. La patiente consulte l’étudiant en tant que médecin, que doit-il faire ? La réponse possible est parmi les suivantes : le médecin propose à la patiente un bilan psychologique ou somatique, de lui faire une déclaration d’accident de travail, un certificat médical initial descriptif ou le médecin lui demande d’aller au coin, parce qu’elle n’a pas été sage. Si le harcèlement sexuel fait beaucoup rire les médecins, ce n’est pas le cas de ces élèves féminines qui dénoncent un tel machisme, à la merci d’un sexisme dirons-nous symptomatique. La médecine est l’un de ces domaines, largement affectée par un racisme envers les femmes, considérablement banalisé. Il s’observe aussi bien dans les études, que dans les soirées, les pratiques médicales, mais aussi dans les relations médecins/patients.

Citation d'auteur

Le sexisme ordinaire trouve son essence dans les stéréotypes, les représentations collectives, s’imageant par des mots, des expressions, des comportements ou des actes qui infériorisent les femmes. Pierre Bourdieu disait : « les femmes ont en commun d’être séparées des hommes, par un coefficient symbolique négatif » (la domination masculine, 1998).

Misandrie, conséquence du racisme envers les femmes

La misandrie se définit comme le contraire de la misogynie. Elle s’exprime comme une hostilité manifeste, envers le sexe masculin, voire une haine. Le groupe des Fémens, féministes activistes, se revendique misandre. La misandrie est-elle finalement aussi dommageable que la misogynie ? D’après les partisanes, pas vraiment. En effet, la misogynie (maintien du pouvoir des hommes sur les femmes) s’exerce à travers des viols, agressions sexuelles, meurtres, salaires inférieurs. Alors que la misandrie (méfiance à l’égard de la gent masculine) ne vise que la blessure morale.

Historiquement, les revendications féministes portaient sur le droit à l’éducation, puis le droit de vote, le droit à la disposition de son corps… Aujourd’hui les féministes revendiquent dans sa généralité, le respect de l’égalité hommes/femmes.

Sanctions pénales du racisme envers les femmes

Le racisme envers les femmes peut se définir comme du sexisme. Il appartient à la famille des discriminations. Il est sanctionné par le code pénal comme tel. Soit le sexisme a eu pour effet de freiner l’accès au marché du travail ou à la consommation, dans ce cas, le code pénal prévoit une peine de trois ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende (article 225-2 du code pénal).

Soit le sexisme découle d’une infraction de droit commun telle que l’injure, et dans cette hypothèse, il faut vérifier que la circonstance aggravante est prévue par la loi.